Un Souvenir de Noël à Disneyland Paris (par Olivier Dusautoir, Scénographe)

Nous continuons le partage des plus beaux souvenirs de noël des Cast Members. Après Tracy Eck, c'est Olivier Dusautoir, Scénographe à Disneyland Paris qui nous fait part de ses plus beaux moments en période de fête.

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  • Quels sont vos premiers souvenirs de Noël à Disneyland Paris ?

C’était en tant que danseur sur la parade Mickey’s Nutcraker. J’étais alors étudiant à l’École Supérieure des Beaux-Arts à Paris et je travaillais le week-end à Disneyland Paris. Il se trouve que j’ai aussi un cursus de danse classique. J’ai fait le Conservatoire - danse, claquettes, jazz - en plus des Beaux-Arts. À la suite de ma sœur, qui était déjà danseuse sur le Parc, j’ai passé une audition et je me suis retrouvé sur différentes parades dont celle-là, à partir de 1997.

 

  • Quelle était l’ambiance sur cette parade ?

Ce qui m’a frappé tout de suite, c’était la musique, adaptée du Casse-Noisette de Tchaïkovski. Je me souviens de son rythme et de son énergie qui donnaient vraiment envie de danser. J’intervenais dans la partie russe de la parade et je portais une toque et un sabre. La chorégraphie était très dynamique et contribuait à nous réchauffer face au froid de l’hiver !

Noël à Disneyland Paris est une période très particulière et le Parc est tellement magnifique qu’au lieu de rentrer chez nous après notre journée de travail, on se retrouvait entre Cast Members pour se promener et admirer les décorations « entre chien et loup », au moment où le soleil commence à se coucher et les lumières apparaissent. C’est un moment magique !

 

  • À quels autres spectacles de Noël avez-vous participé ?

J’ai eu la chance de participer au Voyage Fantastique de la Fée Clochette, le dîner-spectacle du Disney’s Newport Bay Club, pour le passage à l’an 2000. Après la représentation, je me suis retrouvé avec ma compagne et des amis de la troupe sur une terrasse de l’hôtel à regarder le feu d’artifice à 360°. C’était incroyable ! Cela restera l’un de mes plus beaux souvenirs.  

 

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  • Par la suite, vous avez rejoint les coulisses comme accessoiriste.

Ce passage de la lumière à l’ombre fut très intéressant. Je m’occupais notamment des accessoires pour la parade et les spectacles de Noël comme Mickey et la Magie de l’Hiver. Je me suis retrouvé à repeindre et à réparer le sabre que je portais en tant que danseur quelques années auparavant ! Il y avait toutes sortes d’accessoires de Noël qui me passaient dans les mains.

 

  • Quel accessoire vous a le plus marqué ?

Le fauteuil du Père Noël ! C’était un siège capitonné très impressionnant, sur lequel on pouvait presque s’assoir à deux, avec d’élégants motifs. Je l’avais vu sur le Parc, mais le jour où on m’a dit que j’allais m’en occuper, je me suis senti comme un petit lutin ! Il y a quelque chose d’émouvant, de se dire qu’on travaille sur le fauteuil du Père Noël et qu’il va être sur toutes les photos, dans les albums des enfants et des familles.

 

Un autre accessoire qui m’a marqué, mais pour d’autres raisons, c’est la grosse chaussure de Dingo que Donald attrapait avec sa canne à pêche dans Mickey et la Magie de l’Hiver. C’était très drôle. Elle a changé d’année en année : elle était tantôt patinée en marron, tantôt en cuir un peu rouge. Chacun y mettait sa patte. Ce n’est qu’un petit objet, mais c’est un peu comme les accessoires d’ACME dans Qui Veut La Peau de Roger Rabbit ? : ils ont leur propre vie. Quand j’allais voir le spectacle, cela faisait toujours quelque chose de me dire que j’y avais participé !

 

Un autre détail du spectacle m’a marqué : dans le dernier tableau, il y avait un traîneau tiré par deux percherons. Nous avions un lien très fort avec ces chevaux. Quand on leur ouvrait la porte côté jardin pour accéder à la scène, ils partaient avec une puissance assez phénoménale. C’était un plaisir de travailler avec les Cast Members de Pony Farm qui s’en occupaient, et de leur côté, ils étaient ravis de participer à un spectacle. Leur travail les conduit souvent dans le Parc, notamment sur Main Street, US.A., mais là ils étaient tout particulièrement mis en valeur.

 

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  • Par la suite, vous avez évolué au sein de l’entreprise et êtes devenu Scénographe.

Oui, entre temps, j’ai fait un bref passage comme marionnettiste à Animagique, et ensuite grâce à mes diplômes des Beaux-Arts, j’ai commencé à collaborer avec les Scénographes du Parc, d’abord de manière épisodique, puis de manière définitive. J’ai été assistant pendant quelques années avant de devenir Scénographe à part entière. C’est dans ce cadre que j’ai eu le plaisir de participer à la conception de Disney Stars on Parade, pour le 25e anniversaire de Disneyland Paris.

 

  • En tant que tel, à quels projets liés à Noël avez-vous participé ?

J’ai eu la chance d’assister à plusieurs reprises Jérôme Picoche, le Scénographe principal de la saison. Quand on a rénové entièrement le sapin de Noël, nous avons recréé tous les accessoires lumineux et non lumineux. Mettre en scène un objet aussi grand était un véritable défi. Il fallait qu’il soit joli de loin, qu’il ait plein de détails de près, et qu’il soit harmonieux. C’est-à-dire qu’il faut que les éléments lumineux et non lumineux n’entrent pas en concurrence pour qu’il soit aussi beau de jour, lorsqu’il est éteint, que de nuit, lorsqu’il scintille de mille feux. Nous avons fait beaucoup de recherches au niveau du design afin de faire écho aux différentes traditions liées à Noël, et que nos Visiteurs, quel que soit leur pays d’origine, puissent y retrouver quelque chose de leur culture. Nous avons essayé de tenir compte des goûts de chacun.

 

Il y a des boules de Noël d’inspiration norvégienne, d’autres un peu russes, etc. Bien sûr, nous avons utilisé internet, mais nous avons aussi une grande bibliothèque remplie de livres d’art et d’images d’inspiration. Ce fut extrêmement intéressant. Nous avons découvert beaucoup de choses passionnantes à travers l’Europe et dans le monde de la création en général. Quand on entreprend de telles recherches, il n’est pas rare de remonter jusqu’aux grandes figures de l’histoire de l’Art européen, et on adapte ensuite cette culture aux histoires que nous racontons dans nos Parcs. C’est aussi ce qui rend Noël à Disneyland Paris unique.

 

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  • À partir de là, comment s’est passée la conception de cet arbre magnifique ?

Des croquis, des croquis et encore des croquis ! Jérôme est très précis dans les détails. J’ai appris beaucoup de choses à ses côtés. J’ai aussi beaucoup apprécié travailler avec les équipes de designers lumières du Parc. Nous avons fait beaucoup de recherche et développement avec eux pour pouvoir donner une âme à nos éclairages comme l’étoile au sommet de l’arbre. On part d’un élément froid – une ampoule – et il faut que cela devienne magique ! Nous avons également travaillé avec des Imagineers, et notamment Tracy Eck, pour avoir un regard extérieur et nous assurer que toutes nos décorations s’accordent parfaitement avec l’histoire de Main Street, U.S.A. C’est un équilibre délicat qu’il faut trouver entre décors et scénographie. En tout, la conception de ce sapin a demandé presque deux ans de travail. 

 

  • Avez-vous participé à la conception de La Parade de Noël ?

J’ai travaillé avec Jérôme sur le traîneau du Père Noël, le bouquet final de la Parade. C’est un char énorme ! Tout est parti d’un dessin en forme de bateau. C’était impressionnant, très baroque. Ce que j’aime aussi dans ce processus, c’est venir en atelier et voir nos projets prendre vie en trois dimensions. C’est magique ! On a des gens assez incroyables qui travaillent dans l’ombre à la fabrication de nos décors et de nos chars. On passe beaucoup de temps à discuter avec eux, à leur transmettre notre vision à travers nos dessins, et ils en font une réalité. Parfois même, ils vont encore plus loin dans le détail que ce que nous avions envisagé.

 

  • Avez-vous eu l’occasion de vivre la magie de Noël dans d’autres Parcs Disney ?

J’ai eu la chance de pouvoir aller plusieurs fois aux États-Unis, ainsi qu’au Japon. Cela m’a permis de réaliser à quel point la façon de fêter Noël est différente dans les autres Parcs Disney. Les Américains sont très traditionnels, avec plein de petits décors, des choses très simples et très évocatrices pour leur culture, comme les fameuses guirlandes de pop-corn. Ils ont aussi une manière complètement différente de faire les chars et les décors. À Tokyo, le niveau de détail et le degré de finition sont assez incroyables. C’est un modèle de scénographie, que ce soit les vidéo-projections sur le Château ou les chars de parade. Cela m’a beaucoup inspiré.

 

Travailler dans cette équipe à Disneyland Paris m’a appris à sortir de ma zone de confort. Quand un projet vous fait peur… c’est bon signe ! Quitte à y passer de très longues heures.  Parce que c’est un moteur. Le danger, c’est de se répéter. Je fais tout pour éviter cela, que ce soit à travers mes recherches ou à travers les outils que j’utilise. Papier/crayon, Photoshop, maquettes, j’essaie de faire varier au maximum les outils en fonction des projets. Les lieux aussi. On peut travailler aussi bien au bureau qu’en situation dans le Parc. L’important, c’est de toujours trouver un angle nouveau, notamment pour une fête aussi connue que Noël.

 

Il m’arrive aussi fréquemment de me rendre dans le Parc pour voir comment fonctionne un décor après l’avoir lancé, pour voir comment améliorer les choses. Avoir été danseur, accessoiriste, marionnettiste, tout mon passé artistique me sert au quotidien. Cela m’aide à m’adapter mais aussi à anticiper sur l’utilisation que vont en faire les artistes et les Personnages Disney. Je n’oublie pas d’où je viens.

 

  • Comment se passent vos visites en famille ?

J’aime beaucoup me promener dans le Parc avec mes filles à Noël, et j’avoue, j’aime beaucoup leur montrer ce que j’ai fait ! Leur avis compte beaucoup pour moi. Sur un projet, il arrive qu’on se perde dans les détails, alors que les enfants vont à l’essentiel. Ils sont sans filtre. Mon aînée a 15 ans et l’autre 11 ans, ce qui fait qu’elles ont deux approches différentes. C’est très enrichissant. Il m’est souvent arrivé de concevoir des choses en pensant à elles. Cela me permet de ne jamais perdre mon regard d’enfant…

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